La Gaspésie occupe 0,12% de l'espace médiatique québécois

Jean-Philippe Thibault gas.redaction@tc.tc
Publié le 29 décembre 2015

Aucune nouvelle de la Gaspésie ne s'est hissée parmi le top 10 000 au Québec en 2015.

©Photo TC Media – Jean-Philippe Thibault

Tout juste avant les Fêtes, Influence Communication présentait son bilan annuel. L'un de ses principaux constats montrait que les régions étaient à toutes fins pratiques totalement absentes de l'espace médiatique québécois.

Le président et fondateur, Jean-François Dumas, était d'ailleurs de passage à Gaspé récemment dans le cadre d'un colloque économique et s'était prêté au jeu d'exposer ce qu'il en était réellement pour la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent.

En jetant un coup d'œil aux données relevées par Influence Communication, on constate que les chiffres sont loin d'être reluisants. La répartition de l'intérêt médiatique de la province est principalement concentrée à Montréal (52,57%), Québec (24,06%) et Saguenay (14,26%), qui se partagent à eux trois plus de 91% de l'espace médiatique.

Ensemble, la Gaspésie, le Bas-Saint-Laurent et la Côte-Nord n'ont même pas occupé 0,5% de l'espace médiatique québécois en 2015.

©Image Influence Communication, fournie par la CCTG

Les 14 autres régions récoltent les miettes. Pour la Gaspésie, c'est 0,12%. Et encore pire pour le Bas-Saint-Laurent qui en récolte 0,11%. En fait, aucune nouvelle de la Gaspésie ne s'est hissée parmi le top 10 000 au Québec en 2015.

« C'est normal que Montréal soit en tête. Ce qui l'est moins, c'est que sur une année, 91% de l'espace médiatique soit accaparé par 3 régions. Il y a comme un décalage. Quand on va plus loin, on découvre une tendance depuis 15 ans, qui est la disparition progressive de la place accordée aux régions dans l'ensemble de l'actualité au Québec », analyse M. Dumas.

Ce dernier rappelle ainsi qu'en 2001, on comptait 8% de l'actualité qui portait sur les régions. En 2015, c'est moins de 1%. Une chute d'intérêt de 88%. Moins de médias et de journalistes dans les différentes régions ainsi que la mise en réseau de la plupart des médias expliquent notamment ces données, et par conséquent, un temps d'antenne diminué et une perte d'intérêt pour les enjeux régionaux.

Même en tourisme

L'intérêt des médias québécois pour la Gaspésie est essentiellement touristique. Ce sont ainsi 71% des nouvelles gaspésiennes qui sont en lien avec le tourisme. Suivent ensuite l'économie à 9% et la politique, aussi à 9%.

Avec des mentions dans le Lonely Planet, le National Geographic et encore récemment dans le journal Ouest-France, on serait tenté de croire que le produit touristique gaspésien a une place de choix dans l'espace médiatique québécois, si on le compare avec les autres régions. Nenni. Selon le classement d'Influence Communication, la Gaspésie se retrouve au 8e rang avec un maigre 0,29%. Le Bas-Saint-Laurent arrive loin derrière au 14e rang à 0,07%. Sans grande surprise, ce sont Québec (33,60%), Montréal (32,23%) et Saguenay (11,20%) qui occupent la tête du classement.

La Gaspésie peine à se tailler une place dans l'espace médiatique québécois en tourisme.

©Image Influence Communication, fournie par la CCTG

« La Gaspésie est à peu près nez à nez à la Montérégie. En Montérégie, on parle surtout du Dix30, alors finalement la Gaspésie est en compétition avec un centre commercial à Brossard », analyse Jean-François Dumas.

Si même le tourisme gaspésien, un vecteur économique indéniable pour la région, n'arrive pas à tirer son épingle du jeu dans l'espace médiatique québécois, comment peut-on alors arriver à faire sa place dans cet espace qui semble accaparé par seulement quelques joueurs? Des éléments de réponse dans le texte suivant.