L’UMQ en tournée à Gaspé : une meilleure fiscalité demandée

L’UMQ en tournée à Gaspé : une meilleure fiscalité demandée

Alexandre Cusson, président de l'UMQ.

Crédit photo : Le Pharillon – Jean-Philippe Thibault

Fidèles à leur tradition qui date maintenant d’une dizaine d’années, l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et son président nouvellement élu parcourent les quatre coins de la province pour rencontrer le milieu socioéconomique et les acteurs municipaux.

Cette tournée des régions a commencé à Québec en mai dernier et faisait un arrêt hier à Gaspé pour rencontrer une vingtaine d’élus. Dans un contexte politique accru, à l’aube des élections provinciales d’octobre, l’UMQ en a profité pour présenter quatre grands enjeux sur lesquels le prochain gouvernement provincial devrait s’attarder.

Fiscalité

Si le gouvernement Couillard a récemment promis de transférer un point de TVQ aux municipalités – ce que les autres partis ont également promis par la suite – le plein paiement des taxes foncières est également au menu pour l’UMQ.

Historiquement, la taxe foncière sur les infrastructures appartenant au provincial, comme les hôpitaux, les bureaux de gouvernement ou les écoles par exemple, n’est pas payée intégralement. Le taux varie généralement entre 65% et 80%, bien que les services rendus par les municipalités soient complets et que les feux ne sont pas étendus à 65%, que les déchets ne sont pas collectés qu’à 65% et que les égouts ne soient pas traitées à 65%. À Gaspé par exemple, ce manque à gagner représente 425 000$, qui doit ultimement être refilé aux citoyens.

« Il faudrait à un moment donné qu’ils paient 100% de leur impôt foncier […] Cet argent on doit le chercher ailleurs et ça c’est le compte de taxe des citoyens. S’il le faisait on pourrait soulager les citoyens de 425 000$ », explique Daniel Côté, maire de Gaspé et deuxième vice-président de l’UMQ. Le président, Alexandre Cusson, rappelle par ailleurs que l’économie se transforme et que la création de richesse est de plus en plus immatérielle et que l’impôt foncier consistant à taxer la brique, le mortier et le pied carré est aussi appelé à changer.

Occupation du territoire

Au Québec, ce sont 86% des immigrants qui s’installent à Montréal et dans la région métropolitaine alors que 55% des emplois disponibles sont situés à l’extérieur de ce territoire. Le président de l’UMQ soutient donc que la régionalisation de l’immigration doit devenir une priorité pour le gouvernement, ce qui n’est pas sans rappeler la pénurie de main-d’œuvre à l’usine E. Gagnon et fils de Sainte-Thérèse-de-Gaspé qui a récemment dû engager une trentaine de travailleurs mexicains. Une décentralisation des emplois gouvernementaux vers les régions est également demandée.

Autonomie

Sur ce point, l’UMQ réclame que ses membres puissent décider de l’utilisation des fonds mis à leur disposition, conclure des ententes des ententes de financement directement avec le fédéral (tout en respectant les compétences de Québec) ainsi qu’une loi sur l’aménagement et l’urbanisme qui reconnaît leur pleine autonomie et compétence. « L’autonomie est dans la loi et maintenant elle doit arriver dans la vie et le quotidien », résume Alexandre Cusson.

Mobilité

Enfin, un modèle de mobilité durable est demandé à l’heure où les besoins de transport sont criants en Gaspésie, avec un train qu’on attend presque plus, des billets d’avion exorbitants et un transport par autocar amputé. Des investissements massifs sont demandés dans toutes les régions du Québec et ce ne serait certainement pas un luxe pour la Gaspésie.

« Cet exemple Gaspé-Montréal plus cher que Gaspé-La Havane en avion a été cité partout au Canada […] On veut que le transport interurbain soit amélioré et que les municipalités rurales qui souhaitent avoir accès facilement aux villes centres puissent le faire », conclut le président de l’UMQ, en ajoutant qu’une évolution importante est sentie entre Québec et les municipalités dans les dernières années et que ces dernières sont prêtes à faire un pas important dans le cadre de la négociation du prochain pacte fiscal.