Les terres publiques québécoises aux Québécois seulement

Les terres publiques québécoises aux Québécois seulement

L'an dernier, ils étaient 2 744 chasseurs étrangers contrairement à 174 060 chasseurs québécois. C'est à peine 1,5% des permis qui sont sollicitées par la clientèle étrangère.

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Seuls les résidents du Québec pourront dorénavant chasser l’orignal sur les terres publiques de la province. Les chasseurs américains, internationaux ou des autres provinces devront maintenant se tourner vers les pourvoiries, les réserves fauniques ou les zecs.

Cette règlementation était déjà en vigueur au nord du 52e parallèle (le parallèle qui sépare le Labrador du Québec) et le ministère de la Faune a décidé d’étendre cette mesure au reste de la province. Ce dernier estime que la décision aura pour effet de générer de nouvelles retombées économiques dans ce secteur d’activité et sera positive pour sa prospérité. « Elle permettra notamment de consolider l’industrie de la pourvoirie et de maximiser les retombées économiques au sein des territoires fauniques structurés », a indiqué le ministère via communiqué, ajoutant que le tout permettra également aux chasseurs québécois de bénéficier d’un accès privilégié au territoire libre. La nouvelle réglementation entrera en vigueur dès cette année, à quelques exceptions près.

Les chasseurs de l’extérieur pourront toujours venir chasser sur les terres publiques s’ils sont accompagnés de quelqu’un de leur famille immédiate qui a lui-même son permis (grands-parents, parents, frères et sœurs, conjoint, enfants, petits-enfants ainsi que les enfants et les petits-enfants du conjoint). Ceux qui sont accompagnés d’un membre de la Gendarmerie royale du Canada, d’une mission diplomatique ou d’un poste consulaire, ou encore d’un membre des Forces armées canadienne établis ou en fonction au Québec pourront aussi venir chasser le gibier dans la province.

En désaccord

Si certains ont applaudi la décision du ministère, c’est tout le contraire pour la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP). Cette dernière a signifié son désaccord avec la mesure et estime que la décision ne fera qu’inciter les chasseurs à cesser de venir au Québec.

Selon les données de la FédéCP, la vente de permis aux gens de l’extérieur est somme toutes marginale. L’an dernier, ils étaient 2 744 contrairement à 174 060 résidents québécois qui ont fait de même. C’est à peine 1,5% des permis qui sont sollicitées par la clientèle étrangère.

Le président régional Alain Poitras convient qu’il y a bien quelques événements anecdotiques où des chasseurs de l’extérieur se lancent à l’assaut des terres publiques sans égard de ceux qui occupent une parcelle de terrain depuis belle lurette, mais qu’il y en a bien davantage qui reviennent rejoindre leurs amis pour passer un peu de bon temps et injecter au passage plusieurs centaines de dollars dans les commerces locaux pour s’approvisionner en biens de tous genre. Et qu’il est utopique de penser que les chasseurs non-résidents se dirigeront automatiquement vers les territoires structurés.

« En plus de payer son permis de non-résident qui doit être autour de 500$, il serait aussi obligé de payer les frais de pourvoyeur. Ce qui va arriver, c’est qu’ils ne viendront tout simplement plus. Ce n’est pas tout le monde qui va vouloir aller sur les territoires structurés alors on va perdre des chasseurs qui venaient sur les terres publiques et l’argent qui vient avec. Ceux qui viennent déjà avec leurs chums québécois et qui ont déjà leur coin de chasse établi depuis longtemps et qui ne font pas de trouble à personne, c’est terminé. »

La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs prône donc qu’un non-résident puisse venir traquer le gibier accompagné d’un Québécois qui a son permis en règle, ce qui permet déjà d’éviter l’arrivée de chasseurs étrangers désirant chasser seuls en terres publiques québécoises.