Projet Bourque : les élus locaux exigent l’heure juste du gouvernement

Projet Bourque : les élus locaux exigent l’heure juste du gouvernement

La mairesse de Murdochville Délisca Ritchie-Roussy, le préfet et maire de Gaspé Daniel Côté et le député Gaétan Lelièvre.

Crédit photo : Photo Le Pharillon – Jean-Philippe Thibault

Dans une sortie médiatique conjointe, les élus de La Côte-de-Gaspé ont officiellement demandé ce matin au gouvernement du Québec d’obtenir toutes les informations pertinentes en lien avec le projet Bourque.

Le député Gaétan Lelièvre, la mairesse de Murdochville Délisca Ritchie-Roussy et le nouveau préfet et maire de Gaspé Daniel Côté estiment ne pas avoir en main plusieurs éléments de réponse afin de prendre les décisions qui s’imposent, en lien avec la récente nouvelle que le gisement Bourque pourrait contenir 827 millions de barils de pétrole et qu’un projet pilote de fracturation pourrait être envisagé.

Avant même de procéder à des consultations publiques pour donner l’heure juste à tous, encore faudrait-il qu’ils puissent se faire eux-mêmes une tête avec des faits avérés et des données neutres, plaident en substance les élus.

Gaétan Lelièvre prend pour exemple le nombre d’emplois, qui selon différentes sources crédibles, pourraient varier entre 40 et 400. La variable de l’acceptabilité sociale pourrait selon lui basculer si le jeu n’en vaut pas la chandelle et que les répercussions économiques ne sont pas au rendez-vous. Même chose pour la question des redevances. La Gaspésie sera-t-elle dépouillée de ses ressources ou aura-t-elle droit à sa juste part du gâteau? Le député indique ne pas être contre le développement des hydrocarbures, mais pas à n’importe quel prix. « À condition qu’on me rassure que ça puisse se faire dans le respect de l’environnement, sans menace pour la région. Pour l’instant, ça serait irresponsable de donner le feu vert au gouvernement et a l’entreprise d’aller de l’avant », explique-t-il, invitant au passage le premier ministre Couillard à s’exprimer sur ce dossier, comme il l’avait fait pour Anticosti.

1er mars 2018

Même son de cloche pour le préfet et maire de Gaspé, qui dit recevoir des bribes d’information à gauche et à droite, mais rien de central de la part du gouvernement. Daniel Côté rappelle que Ressources Québec est partenaire dans le projet et qu’il doit certainement avoir en main des données pertinentes sur le sujet.

« Le gouvernement du Québec est l’entité qui est propriétaire des terrains, qui réglemente, qui encadre l’industrie, qui émet les claims et les permis et qui est actionnaire à 45% dans le projet Bourque, alors il serait tout à fait normal qu’il assume son leadership et nous transmette toute l’information qu’il détient. »

Certains diront qu’il s’agit d’un cercle vicieux puisque le gouvernement se place derrière le concept de l’acceptabilité sociale pour cautionner ou non les futurs projets d’hydrocarbures, mais que la population et les élus locaux n’ont pas en main toutes les informations pour se positionner à savoir si le projet Bourque est socialement acceptable.

Les élus demandent donc que le gouvernement instaure un mécanisme d’information et de consultation objectif, transparent et neutre par lequel la population pourra être informée de l’état d’avancement du dossier et des prochaines étapes. Le tout de façon claire et bien vulgarisée, sans être enfoui à travers des milliers de pages de documents indéchiffrables. Les élus espèrent que ce mécanisme soit implanté d’ici le 1er mars 2018.

Pour l’instant, l’appui officiel de la MRC envers le projet Bourque tient toujours, bien que les maires fraîchement élus autour de la table n’aient pas encore discuté de ce dossier à la lumières des nouveaux éléments qui ont fait l’actualité dans les derniers jours.