Projet de 11,5 millions de dollars pour l’aéroport de Gaspé

Projet de 11,5 millions de dollars pour l’aéroport de Gaspé

Le dernier investissement majeur à l'aéroport Michel-Pouliot remonte à 1999 alors que 4,5 millions de dollars avaient été investis pour allonger (et moderniser) la piste de 4 000 à 4 500 pieds.

Crédit photo : Photo Le Pharillon – Jean-Philippe Thibault

La Ville de Gaspé œuvre présentement à l’amélioration de ses infrastructures aéroportuaires et elle a quelques projets sur la planche à dessin, dont l’allongement de la piste de 4 500 à 5 500 pieds. À elle seule, cette étape est évaluée à 5,7 millions de dollars.

Le stationnement serait quant à lui agrandi, les clôtures ceinturant l’aéroport seraient revampées et on procéderait à la réfection de la piste, notamment. Le coût total du projet est estimé à 11,5 millions de dollars. La Ville s’attend à défrayer environ 10% des coûts alors que les paliers fédéral et provincial contribueraient pour la balance.

Le maire Daniel Côté explique que l’aéroport Michel-Pouliot s’est déjà qualifié au fédéral avec le Programme d’aide aux immobilisations aéroportuaires (PAIA) qui sert à financer des projets d’amélioration dans les régions. « On est le seul aéroport en Gaspésie à pouvoir en bénéficier. Ça paie 100% des coûts admissibles. On a déjà une confirmation qu’on est accepté. On ne sait juste pas quand l’argent va pouvoir être débloqué […] Le problème c’est que ce programme est très populaire et qu’il n’y a qu’entre 30 et 40 millions par année pour l’ensemble du Canada. »

Le maire précise qu’une somme de 4,5 millions de dollars serait consentie en vertu de cette aide et qu’il a bon espoir de voir les travaux démarrer en 2019 ou 2020. D’autant plus que Québec vient de débloquer une somme de 100 millions sur 5 ans pour améliorer les aéroports régionaux. « Il faut profiter du timing qui est là. Il y a de l’argent en infrastructures aéroportuaires et on veut se positionner. Nos projets sont prêts et nos études de génie sont déjà faites », ajoute Daniel Côté.

Autres revenus

Le budget de fonctionnement de l’aéroport municipal tourne autour d’un million de dollars et réussit à s’autofinancer avec ses trois sources de revenus : les frais d’atterrissage, les profits sur la vente de carburant et les frais d’améliorations aéroportuaires. Comme ces frais peuvent être plus élevés à Gaspé qu’ailleurs, la Ville aimerait bien faire entrer de nouveaux revenus pour être davantage attractive et concurrentielle.

Parmi les pistes de solution retenues pour diversifier et améliorer les entrées monétaires, les gestionnaires ont lorgné du côté du Saguenay-Lac-Saint-Jean. C’est qu’en 2015, la Régie de l’aéroport Dolbeau-Mistassini-Normandin-Saint-Félicien a engrangé un profit net de 600 000$ grâce à la vente … de bleuets. Les profits peuvent monter jusqu’à 1 million lors des bonnes années de récoltes. L’aéroport de Saint-Méthode en a profité pour mettre de l’avant plusieurs projets de réfection. « Là-bas ils s’auto-rentabilisent presque au complet grâce à l’agriculture. Le potentiel est énorme. Eux sont dans le bleuet, nous on a d’autres perspectives aussi payantes », précise Daniel Côté, laissant entendre que la camerise pourrait potentiellement être un terreau fertile avec les terrains vacants à proximité.

Le tourisme aérien de niche est également une perspective qui mériterait d’être scrutée, alors que des passionnés d’aviation pourraient se donner rendez-vous à Gaspé pour découvrir la région à partir des airs.

Première en 20 ans

Si d’autres aéroports comme celui de Mont-Joli ont privilégié un allongement de leur piste jusqu’à 6 000 pieds, on estime qu’une longueur de 5 500 serait adéquate pour Gaspé. « C’est suffisant pour avion-hôpital et les appareils Q400 qui sont devenus la norme en transport aérien régional. Même des 737 de Boeing pourraient atterrir, mais c’est beaucoup plus gros que notre nécessité. On vise le développement des 70-75 passagers et 5 500 pieds, c’est suffisant selon les études qu’on a », conclut le maire.

Rappelons que le dernier investissement majeur à l’aéroport Michel-Pouliot remonte à 1999 alors que 4,5 millions de dollars avaient été investis pour allonger (et moderniser) la piste de 4 000 à 4 500 pieds.