Le solde migratoire à son meilleur depuis 15 ans

Le solde migratoire à son meilleur depuis 15 ans

La Côte-de-Gaspé connaît de loin son meilleur résultat des 16 dernières années quant à son solde migratoire.

Crédit photo : Photo depositphotos.com

Pour une rare fois, la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine font partie de ceux où le solde migratoire interrégional est positif.

Entre le 1er juillet 2016 et 2017, environ 202 500 personnes ont changé de région administrative dans la province. C’est donc 2,5 % de la population québécoise qui s’est trouvé un nouveau toit ailleurs et la péninsule a su tirer son épingle du jeu en faisant beaucoup mieux que les années précédentes.

En Gaspésie et aux Îles, le solde migratoire se retrouve dans la colonne des plus pour la première fois en 8 ans alors que la péninsule a enregistré un gain de 122 personnes provenant des autres régions. « Le résultat positif de la dernière année est attribuable à une hausse notable des entrants dans la région, le nombre de sortants étant demeuré plutôt stable », note Martine St-Amour, démographe pour l’Institut de la statistique du Québec et auteure de cette mise à jour statistique. Il faut remonter à 2009-2010 pour retracer un aussi bon solde migratoire, bien loin de l’hémorragie qui régnait dans la première moitié des années 2000 (voir tableau).

Plus de population active

Cette fois, bien que La Haute-Gaspésie (-18), Avignon (-11) et Bonaventure (-21) aient chacune enregistré une diminution de leur solde migratoire, les MRC des Îles-de-la-Madeleine (+42), du Rocher-Percé (+38) et de La Côte-de-Gaspé (+92) ont toutes trois connu une hausse. En fait, La Côte-de-Gaspé connaît de loin son meilleur résultat des 16 dernières années, le bilan étant généralement déficitaire.

Qui plus est, si la tranche des 15-24 ans quitte encore lourdement la Gaspésie (c’est cependant la réalité de pratiquement toutes les régions administratives qui voient leurs jeunesse déménager vers les grands centres pour les études), cette tendance a diminué dans la dernière année. Et les gains se font surtout sentir dans la population active chez les 25-44 ans et les 45-64 ans. « En Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, ces pertes [chez les 15-24 ans] sont toutefois à leur plus bas depuis que les données sont disponibles. Par ailleurs, s’il n’est pas inhabituel que la région affiche des gains chez les 0-14 ans, les 25-44 ans et les 45-64 ans, ceux enregistrés en 2016-2017 sont parmi les plus élevés des dernières années », analyse encore Martine St-Amour.

Cette dernière conclut donc que si les régions les plus éloignées des grands centres figurent habituellement du côté des régions déficitaires, le portrait actuel montre une exception à cette tendance lourde puisque la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine se retrouvent cette fois parmi les régions gagnantes. De quoi réjouir plusieurs, dont le Service d’accueil aux personnes immigrantes.

« L’emploi disponible est souvent le premier élément qui motive le déplacement des gens d’une région à l’autre et la Stratégie souhaite souligner les efforts des entreprises de la Gaspésie qui ont contribué significativement à l’attractivité de la main-d’œuvre au cours de la dernière année », analyse le coordonnateur de la Stratégie d’établissement durable des personnes en Gaspésie, Danik O’Connor. En valeur absolue, donc sans compter ceux qui ont quitté la région dans le même laps de temps, la Stratégie d’établissement durable des personnes en Gaspésie a compté 2 171 nouveaux arrivants dans la région au cours de la dernière année, comparativement à 1 867 l’année précédente.

Coup d’œil sur le solde migratoire

La migration interne est une composante importante du bilan démographique des régions administratives et des MRC, mais d’autres composantes agissent aussi pour faire varier la taille de la population : l’accroissement naturel (différence entre les naissances et les décès) et les migrations interprovinciales et internationales. Une région peut montrer un solde migratoire interne négatif, mais voir sa population augmenter si d’autres facteurs d’accroissement lui sont favorables. C’est notamment le cas de Montréal où le déficit migratoire interne (-19 869 personnes entre le 1er juillet 2016 et 2017) est compensé par un accroissement naturel positif et par l’arrivée de nombreux immigrants internationaux. À l’inverse, une région pourrait afficher un solde migratoire interrégional positif, mais voir sa population diminuer. Les régions où la population est âgée et où les décès sont plus nombreux que les naissances, comme la Gaspésie–Îles- de-la-Madeleine, sont les plus susceptibles de se retrouver dans cette situation.

Côte-de-Gaspé Rocher-Percé Haute-Gaspésie Les Îles Bonaventure Avignon Gaspésie
2017 92 38 -18 42 -21 -11 122
2016 -102 53 -94 -9 -45 0 -197
2015 -76 -37 -22 -68 -8 77 -134
2014 -123 -32 -49 -100 -31 -34 -369
2013 -88 -51 -44 -98 -94 39 -336
2012 5 -44 -16 -52 79 27 -1
2011 -20 43 -19 8 77 10 99
2010 -40 120 -10 63 -52 65 146
2009 -64 -20 -13 -50 79 7 -61
2008 -27 -97 -41 50 -48 -47 -210
2007 -14 -128 -80 14 1 5 -202
2006 7 -115 -5 97 -116 -85 -217
2005 -71 -63 -39 33 15 -24 -150
2004 -32 -49 18 67 -75 -23 -94
2003 -239 -117 -112 32 35 -109 -510
2002 -386 -186 -6 -46 -135 -53 -812