Les Mi’gmaqs de la Gaspésie lorgnent vers le quai de New Richmond

Les Mi’gmaqs de la Gaspésie lorgnent vers le quai de New Richmond

Crédit photo : Photo Marina de New Richmond

(Un texte d’Alain Lavoie) – Les trois communautés mi’qmaques de la Gaspésie – Gespeg, Gesgapegiag et Listuguj – étudient la possibilité d’acquérir en totalité ou en partie le quai de New Richmond.

La Mi’gmawei Mawiomi Business Corporation (MMBC), qui s’occupe du développement économique en identifiant et développant des projets de développement durable de grande ampleur, avait déjà identifié l’acquisition d’un port de mer en Gaspésie comme une priorité.

La MMBC a mandaté la firme Deloitte pour mener une étude dont l’objectif est d’analyser la faisabilité financière de l’acquisition et de la mise à niveau du quai de New Richmond pour en faire un terminal maritime. Cette étude sera suivie d’une étude d’impacts environnementale.

Pour Christianne Bernard, directrice-générale du MMBC, l’acquisition d’infrastructures de transport sur leur territoire traditionnel est conforme au plan de gestion du Gespe’gewa’gi et en phase avec leurs objectifs. « Ce pourrait être la première d’une série d’acquisition dans le futur. Le quai de New Richmond est situé stratégiquement au cœur de nos terres ancestrales et nous sommes enthousiastes à l’idée de contribuer positivement au développement économique de nos communautés mais aussi de la région. »

Toutes les options, y compris le volet touristique, seront examinées et la MMBC indique vouloir mieux connaître le modèle d’affaires d’un terminal maritime et les enjeux liés à l’exploitation d’une telle infrastructure dans la Baie-des-Chaleurs. Un terminal maritime permettrait notamment d’améliorer l’accès des entreprises de l’est du Québec et des Maritimes aux marchés extérieurs et rendrait également possible le débarquement de marchandises destinées à la région.

Client potentiel

Déjà au moins un client majeur est identifié comme futur utilisateur du quai de New Richmond. Fabrication Delta, spécialisé dans la fabrication de tours d’éoliennes et de structures lourdes d’acier, envisage de participer à des appels de propositions et d’offrir ses services pour fabriquer des pièces surdimensionnées impossibles à transporter par voie terrestre ou ferroviaire.

Pour François Arsenault, président et propriétaire, la courte distance entre son usine et le quai le positionne avantageusement comparativement à d’autres concurrents. « C’est à ce moment qu’un quai opérationnel et bien situé nous permet de diversifier notre offre de services et notre compétitivité dans notre créneau », précise-t-il.

Ce projet d’acquisition s’est dessiné à la suite d’une rencontre initiée par la Ville de New Richmond, l’actuel propriétaire du quai, qui a identifié la réfection du port de mer comme une priorité. « Dans un projet de cette envergue, ça prend plusieurs partenaires qui peuvent en tirer des bénéfices, et c’est dans cette logique que nous travaillons actuellement le dossier », précise le maire Éric Dubé.

Rappelons que le quai de New Richmond a été rétrocédé par Smurfit-Stone  à la suite de sa fermeture en 2005. Le quai et les terrains appartiennent maintenant à la Ville de New Richmond, ce qui distingue les installations des autres ports de la Gaspésie, qui pour la plupart appartiennent à Pêches et Océans Canada ou Transports Canada.