Tournée de Catherine Fournier pour intéresser les jeunes à la politique active

Tournée de Catherine Fournier pour intéresser les jeunes à la politique active

Crédit photo : Photo Le Pharillon – Jean-Philippe Thibault

Lorsqu’elle a obtenu son siège à l’Assemblée nationale en décembre 2016, Catherine Fournier était la plus jeune des 125 députés, du haut de ses 24 ans.

Dans les faits, la péquiste élue dans Marie-Victorin (Longueuil) était la plus jeune femme élue dans toute l’histoire du Québec. Quelques mois plus tard, son homologue de Québec Solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a lui aussi fait son entrée au salon bleu, portant le nombre de députés âgés de 30 ans et moins à … deux. Si on ajoute les 40 ans et moins, ils ne sont qu’une poignée, une dizaine à peine. « Je m’en attendais évidemment, mais c’est quand même quelque chose de le vivre, de réaliser que j’étais toute seule de ma génération à siéger à l’Assemblée nationale », explique la principale intéressée, qui était de passage à Gaspé hier en pleine tournée provinciale pour rencontrer les 18-35 ans; les milléniaux diront certains.

Devant ce constat et si les représentants de l’Assemblée nationale doivent refléter l’image de la population qu’elle dessert, Catherine Fournier aimerait inciter les jeunes à s’impliquer davantage dans la politique active et les voir prendre la juste part qui leur revient. Non pas que la jeunesse québécoise ne s’implique pas – au contraire selon elle – plusieurs d’entre eux le faisant mais autrement que par les voies traditionnelles de la politique.

« Ils ne se sentent pas nécessairement bien représentés. Ce n’est pas un manque d’intérêt, et il faut faire attention à ce préjugé, même si on voit que statistiquement les jeunes vont moins voter. Ils s’impliquent et expriment beaucoup de positions sur les réseaux sociaux; ils ont tendance à signer des pétitions et à faire des actions très rapides et locales, même si c’est vrai que l’implication à plus long terme est moins présente. Parfois, c’est simplement parce qu’ils sentent que la politique, c’est très loin d’eux. Que les politiciens ne se préoccupent pas de ce qu’eux perçoivent comme leur réalité. Mais c’est un peu un cercle vicieux : moins ils s’intéressent à la politique, moins la politique s’intéresse à eux. »

L’audace d’agir

L’automne dernier, la députée a publié son essai L’audace d’agir, à la base de sa tournée panquébécoise et couchant ainsi ses idées sur papier. Malheureusement, l’activité organisée au Cégep est un peu tombée à l’eau puisque les cours ont été suspendus lors de son passage, en raison de la tempête. Elle n’a donc pas pu livrer son message de vive voix à autant d’étudiants qu’elle l’aurait voulu, mais elle tient tout de même à leur rappeler leur importance dans le processus décisionnel et les impacts qui en dérivent au quotidien.

« Il y a 80% des jeunes au Québec qui disent qu’on ne va pas dans la bonne direction, mais en même temps il faut pouvoir s’impliquer pour changer les choses. Peut-être que la politique n’a pas été perçue comme le meilleur moyen pour changer les choses. C’est pourtant là que se prennent encore les grandes décisions qui vont avoir un impact sur notre société. Je le vois à tous les jours. Je veux montrer aux jeunes que c’est quelque chose qui est accessible et que oui, on peut changer les choses. »

La députée de Marie-Victorin, qui a célébré son 26e anniversaire samedi, est d’ailleurs une partisane de la démocratie représentative, rappelant que l’âge moyen des membres, au sein de tous les partis, est en augmentation. Ce qui par la bande tend à atténuer la possibilité de voir émerger différentes idées et différentes visions de l’avenir.

« Quand je parle de meilleure représentation, ce ne sont pas des paroles en l’air. Je prends souvent l’exemple que si on met ensemble 60 hommes blancs d’un certain âge, avocats ou médecins – et c’est tout à fait correct d’en avoir – mais si on les met ensemble, c’est certain qu’il risque d’y avoir des parcours similaires, donc des idées similaires qui émanent de ce contexte. Si on ajoute des jeunes, des femmes et des profils diversifiés de toutes les sphères de la société, probablement que les idées seront différentes et génèreront davantage de créativité et d’idées. »

Catherine Fournier conclut son message en invitant les jeunes à se ruer aux urnes en octobre lors de la prochaine élection, pour se faire entendre une bonne fois pour toute et montrer que leurs voix doivent être entendues et considérées à leur juste valeur.

« Les sondeurs estiment que les milléniaux seront majoritaires d’ici quelques années alors on a un poids démographique important. Mais c’est certain que si on va voter comme présentement à 20 points de pourcentage de moins que les autres générations, on risque fortement de se faire moins entendre. Si on s’ampute nous-même comme ça, on risque d’être moins entendus, tout simplement. »