Discussion et inquiétudes autour de la concentration de radon

Discussion et inquiétudes autour de la concentration de radon

Le Dr Yv Bonnier-Viger et la présidente du Comité Ensemble pour l'avenir durable du Grand Gaspé, Lise Chartrand.

Crédit photo : Photo Le Pharillon – Jean-Philippe Thibault

Le Comité Ensemble pour l’avenir durable du Grand Gaspé s’inquiète de la concentration de radon à Haldimand.

L’organisation estime que les risques reliés au radon sont amplifiés en raison des forages exploratoires situés près des résidences, au puits Haldimand IV notamment. Le Comité se base un document de 2015 de l’Institut national de santé publique du Québec qui indique que « la littérature rapporte une augmentation des émissions de radon dans l’air situé à proximité des sites de forage ». Le regroupement aimerait donc que la direction de santé publique régionale mette sur pied et distribue un pamphlet à ce sujet pour les citoyens concernés.

« Ce que nos experts indépendants [Savaria Experts Conseils] nous ont écrit, c’est qu’étant donné qu’il y a eu des opérations de nettoyage à l’acide, certains gaz comme le radon et le méthane sont plus susceptibles de remonter vers la surface. S’il n’y a pas d’aération ou de ventilation, il y a risque d’accumulation et il pourrait y avoir des risques pour la santé humaine », explique la présidente d’Ensemble pour l’avenir durable du Grand Gaspé, Lise Chartrand.

Opinion divergente

Pour s’orienter sur la question et pour en discuter, l’organisation a justement fait appel à la direction de santé publique Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et son directeur, le Dr Yv Bonnier-Viger. Ces derniers ont discuté du sujet lors d’une première rencontre à laquelle étaient conviés les médias.

À priori, le directeur rappelle que la Gaspésie est prédisposée à avoir une concentration plus élevée de radon de par sa formation géologique (le radon est un gaz radioactif qui provient de l’uranium naturellement présent dans la croûte terrestre) et que ce gaz est la deuxième cause de cancer du poumon, après le tabagisme. Cependant, les résidents du quartier Haldimand n’ont pas à s’inquiéter outre mesure tant et aussi longtemps qu’il n’y aura pas fracturation hydraulique sous roche.

« Pour qu’il y ait augmentation du radon, il faudrait qu’il y ait eu fracturation et il n’y en a pas eu encore. […] Pour les gens de Haldimand, le risque est égal à celui qu’on retrouve ailleurs en Gaspésie. Il n’y a pas de risque particulier pour l’instant. C’est le message de la santé publique au Québec en général. Il faudrait cependant regarder comme il faut. Il y a un nouveau terme qui est apparu qui s’appelle stimulation et voir jusqu’à quel point la pression de stimulation crée des fractures ou pas. Mais théoriquement, non », explique Yv Bonnier-Viger. Rappelons que Pétrolia (maintenant Pieridae Energy) avait déjà évoqué la possibilité de recourir à la fracturation hydraulique à Haldimand.

Le directeur ajoute également que pour qu’il y ait un danger, il doit y avoir une exposition prolongée au radon dans un endroit où la limite est à un niveau supérieur à la limite acceptable. « Il faut que le radon soit concentré pour créer un problème. Il peut l’être s’il y a une fissure sous une maison, mais que la maison voisine soit correcte. C’est très particulier et on ne peut pas avoir de mesures générales pour une région. C’est vraiment selon les endroits […] Aussi si la maison est bien ventilée il n’y aura pas vraiment de problème. Le problème arrive souvent dans les maisons neuves bien isolées où on n’a pas prévu de moyen de l’évacuer. »

Dans tous les cas, tous s’entendent pour inciter les citoyens à mesure le taux de radon de leur résidence.

Le radon en bref

Le radon est un gaz radioactif qui provient de l’uranium naturellement présent dans la croûte terrestre. Le radon se trouve dans le sol, partout à la surface de la Terre. La quantité de radon dans le sol peut varier de façon importante d’un endroit à l’autre. Le radon peut aussi se trouver dans les eaux souterraines. Le radon pénètre dans les poumons avec l’air que l’on respire. Les grandes organisations et les agences de santé internationales ont reconnu que le radon est un agent cancérogène. Il émet un rayonnement radioactif qui peut, à long terme, causer le cancer du poumon.

Le radon s’accumule principalement dans les pièces les plus basses et les moins ventilées d’un bâtiment, par exemple le sous-sol.

Il existe au Canada une ligne directrice qui indique que la concentration de radon à ne pas dépasser dans une habitation est de 200 Bq/m³. Pour mesurer vous-même la concentration de radon dans votre maison, vous devez vous procurer un dosimètre et l’utiliser en suivant les directives du fabricant.

*Source Gouvernement du Québec