Vers des escales hivernales de croisières internationales?

Vers des escales hivernales de croisières internationales?

Trois compagnies haut de gamme découvriront sous peu l’offre de Montréal, Trois-Rivières, Québec et Saguenay.

Crédit photo : Photo tirée de Facebook

Il n’y a pas que les croisières sur le Rhin ou dans les Bahamas qui ont la cote. Des destinations comme l’Alaska, l’Arctique ou l’Antarctique attirent de plus en plus les voyageurs friands de nouveauté et l’Association des Croisières du Saint-Laurent (ACSL) n’a pas l’intention de rester les bras croisés en regardant passer le navire.

Pour capitaliser sur cette demande croissante, l’organisation songe à offrir de nouveaux itinéraires aux croisiéristes explorateurs à la recherche d’expériences nordiques. La province est évidemment un joueur de premier plan dans ce domaine alors que les villes de Saguenay et de Québec sont souvent citées parmi les 10 villes au monde avec le plus d’accumulations de neige.

Une campagne de séduction sera donc organisée pour attirer l’industrie des croisières internationales dans le nord-est des États-Unis et au Canada, sur le Saint-Laurent. Concrètement, trois compagnies haut de gamme découvriront sous peu l’offre de Montréal, Trois-Rivières, Québec et Saguenay. Il s’agit des compagnies de luxe Hurtigruten (Norvège), Adventure Canada (Toronto) et du Ponant (France).

« C’est une idée folle, mais on a l’habitude de mener à terme nos idées les plus folles alors on se lance là-dedans, explique le directeur général de l’ACSL, René Trépanier. C’est la grosse tendance, les gens veulent aller explorer des contrées lointaines, un peu inédites. Nous on se dit que l’hiver québécois c’est quand même intense alors une croisière internationale en plein cœur de la saison, on pense que ça a un côté exotique avec toute la panoplie d’activités hivernales qu’on a à offrir. On est capable de faire compétition avec des grandes destinations comme l’Arctique ou l’Antarctique. »

Des idées plein la tête

Évidemment, les activités hivernales ne manquent pas dans la Belle Province. La délégation de l’Association des Croisières du Saint-Laurent profitera de la visite des armateurs pour leur faire découvrir la culture québécoise à travers le traîneau à chiens, le Carnaval de Québec, le patin à glace, l’Hôtel de Glace, la motoneige ou encore la pêche sur la glace. Dans le futur, d’autres excursions pourraient certainement voir le jour selon les spécificités des escales choisies.

« Ce sont vraiment des croisières de type exploration. S’il y avait un arrêt à Gaspé par exemple, on pourrait amener les gens dans les Chic-Chocs pour la qualité de ski à couper le souffle. En février, ça pourrait être l’observation des blanchons sur la banquise aux Îles-de-la-Madeleine ou pour la haute gastronomie à Montréal », analyse René Trépanier.

Si la marché estival se compose d’environ 60 à 70% d’Américains, de 20% d’Européens et de Canadiens pour la balance, on vise à toute fin pratique le même marché pour la période hivernale.

En plus de l’offre québécoise, celle des provinces atlantiques, de la côte du Maine, de Boston et de New York seront justement présentée. « On pense réussir à attirer pour 15 jours ou 3 semaines des navires qui sont dans les Caraïbes l’hiver. Les États-Unis sont nos alliés dans tout ça, pas nos compétiteurs. Les navires ne peuvent pas apparaître comme ça et ils doivent avoir des points d’escale. Les départs se feraient probablement de New York ou de Boston. Les gestes qu’on pose cet hiver, on espère des retombées au plus vite dans deux ans, mais plus logiquement on s’attend dans trois ou quatre ans. »

Côté technique

La navigation hivernale sur le Saint-Laurent, dans le fjord du Saguenay et dans le golfe représente un certain défi. À cet effet, Transports Canada, les administrations portuaires, la Garde Côtière et l’Administration du pilotage des Laurentides seront mises à contribution pour présenter l’ensemble des exigences techniques.

À noter par ailleurs que la compagnie Ponant offrira dès 2021 le premier brise-glace de croisière de luxe au monde hybride, électrique et propulsé au gaz naturel liquéfié. Sinon, de mémoire d’homme, exception faite du CTMA Vacancier qui a déjà servi pour des croisières sur le fleuve avec à son bord les participants de la TDLG, et du Bella Desgagnés qui dessert les villages de la Basse-Côte-Nord, c’est la première fois qu’un projet d’une telle envergure est lancé pour vendre l’hiver à des croisiéristes internationaux. Restera maintenant à voir comment l’aventure se terminera.