Gaspé se penchera sur la question des chats errants

Gaspé se penchera sur la question des chats errants

À chacun sa bête a déjà recueilli 30 chats errants depuis deux mois et en refuse d'autres à tous les jours.

Crédit photo : Photo Le Pharillon – Jean-Philippe Thibault

Interpellée sur la recrudescence de chats errants un peu partout sur le territoire de Gaspé, la ville s’est montrée ouverte à travailler de pair avec les intervenants du milieu afin d’y trouver une solution.

Depuis environ deux mois, la boutique pour animaux À chacun sa bête a par exemple recueilli une trentaine de félins, sans compter tous ceux qui ont dû être refusés car l’entreprise ne peut en héberger plus d’une dizaine à la fois. Selon la co-propriétaire Joanie Normand, elle doit en refuser au moins cinq à tous les jours, signe que le problème est bien réel.

« Il y a des propriétaires qui ne prennent pas leurs responsabilités et la Ville n’a pas de moyen pour les sanctionner ou les encadrer. On veut qu’il y ait un règlement noir sur blanc […] Il y a des gens qui ont 45 chats qui se promènent sur leur terrain. C’est aussi une question de santé publique à un certain moment. Ça augmente les chances que des maladies comme la rage soient transmises aux humains. » L’entrepreneure désire donc que Gaspé se donne les moyens d’intervenir dans le dossier en adoptant des règlements clairs quant aux animaux de compagnie, comme par exemple l’obligation pour les propriétaires de stériliser leur chat avant six mois ou encore la pose d’une micropuce pour retracer les chats errants.

La Ville ouverte

Hier, le conseil municipal s’est dit d’accord pour étudier la question. La dernière refonte de la règlementation sur les animaux à Gaspé remonte à 1999 et traite essentiellement des chiens. L’occasion est donc toute indiquée pour revoir la législation municipale datant de près de 20 ans et pour l’adapter aux nouvelles réalités de la ville.

« On a pris acte de la problématique et on veut impliquer les intervenants du milieu dans la prise de décision pour que ce soit le mieux adapté possible. On ne veut pas aussi que ça coûte trop de sous aux contribuables, mais des solutions à coût pratiquement nul ont été mises de l’avant. Tout n’est pas arrêté, mais on s’engage à rouvrir la réglementation pour l’adapter au goût du jour », explique le maire Daniel Côté.

L’adoption d’un règlement en bonne et due forme peut cependant prendre quelques mois et les élections municipales auront lieu en novembre. Le dossier ne sera donc rouvert qu’à l’automne ou à l’hiver. Le temps de voir avec les intervenants du milieu la meilleure avenue à considérer. « Est-ce que ce sera les micropuces, la stérilisation? Ce qui m’inquiète davantage c’est la mise en application. On peut mettre en œuvre n’importe quel règlement, encore faut-il que quelqu’un ait l’autorité pour le faire respecter. Il faudra voir combien ça coûte et si les citoyens sont en accord avec ça […] On ne veut pas être répressifs et coercitifs, on veut avoir de quoi qui tient la route et on va orchestrer tout ça ensemble », ajoute Daniel Côté.

Ce dernier écarte d’emblée la mise sur pied d’une SPCA vu les coûts faramineux du projet et est également d’avis qu’une sensibilisation doit être faite auprès des propriétaires. Un dossier à suivre dans la prochaine année.