La CSN courtise les travailleurs des pêches

La CSN courtise les travailleurs des pêches

Cumul de l’ancienneté, équipements payés par l’employeur et augmentations de salaire sont des enjeux que la CSN fait miroiter pour courtiser les aides-pêcheurs et les travailleurs des usines de transformation.

Crédit photo : Photo Le Pharillon – Archives

Le Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, affilié à la CSN, a fait distribuer récemment un dépliant d’information sur les bienfaits et les avantages d’être syndiqué avec eux.

Le dépliant cible principalement le secteur des usines de transformation des produits de la pêche dans la région, avec en toile de fond une pêche au crabe houleuse avec la fermeture de plusieurs zones dans le golfe du St-Laurent en raison de la protection des baleines noires.

La CSN veut donc tendre la main aux salariées non-syndiqués. « Nous reconnaissons que la situation actuelle affecte tout le monde dans le secteur des pêches, mais ce sont les aides-pêcheurs et les travailleurs des usines de transformation qui sont touchés les plus durement. Ayant déjà des conditions de travail précaires, la baisse d’acquisition de la ressource les précarise encore plus », clame Serge St-Pierre, vice-président de la Gaspésie au Conseil central, qui anticipe des pertes monétaires pour ces salariés.

La CSN réitère du coup qu’il devient d’autant plus nécessaire de poser des actions concrètes pour ce qui est des réformes à l’assurance-emploi et aux conditions de travail des travailleurs dans l’industrie des pêches. « On ne peut pas se contenter de réagir aux problèmes uniquement lorsqu’ils surviennent comme c’est le cas présentement avec la pêche au crabe et comme ce fût le cas l’an dernier avec la pêche à la crevette. Il va falloir réaliser que face à ces problèmes récurrents nous devons apporter des solutions durables » ajoute Serge St-Pierre.

Projet pilote en vue

On suggère alors que l’accès à l’assurance-emploi soit facilité et bonifié pour les emplois saisonniers, en réduisant le nombre d’heures nécessaire pour se qualifier et en augmentant le nombre de semaines auxquels ont normalement droit les chômeurs. Serge St-Pierre souhaite aussi qu’un projet pilote soit rapidement mis sur pied pour permettre les réserves d’heures dans le secteur de la transformation des produits marins.

La CSN affirme enfin que les bas salaires, l’ancienneté non-respectée et le fait que plusieurs employés doivent acheter leur propre équipement de travail nuit à la rétention de la main-d’œuvre. « Chez Menu-Mer, où je travaille, depuis que nous sommes syndiqués avec la CSN, nous pouvons cumuler de l’ancienneté, l’équipement est payé par l’employeur et lors du renouvellement de notre convention collective l’année passée, nous avons obtenu 23% d’augmentation de salaire sur 5 ans. Je pense qu’il n’y a pas 1000 solutions pour les gens qui travaillent dans les autres usines », conclut Émile Côté, président du syndicat des travailleuses et travailleurs de Menu-Mer – CSN.