Crise du recyclage : une opportunité à saisir pour la Régie

Crise du recyclage : une opportunité à saisir pour la Régie

Nathalie Drapeau à côté d'un lot de verre à revaloriser.

Crédit photo : Photo Ariane Aubert Bonn

(Un texte d’Ariane Aubert Bonn) – La crise vécue par l’industrie du recyclage au Québec est perçue comme une opportunité de se restructurer plus efficacement par la directrice de la Régie intermunicipale de traitement des matières résiduelles de la Gaspésie (RITMG).

La directrice générale Nathalie Drapeau connait la chanson: la demande n’est plus là pour la fibre mélangée et les sacs de plastique, ce qui provoque des enjeux d’entreposage majeurs dans la province, en attendant de trouver des débouchés pour revaloriser la matière. « Nous-même, on cherche un lieu d’entreposage à proximité du centre de tri, c’est une gestion supplémentaire que nous avons à faire », souligne-t-elle.

Québec a débloqué 10 millions de dollars pour aider les centres de tri aux prises avec la crise. « L’argent sera réparti sur plusieurs trimestres, mais à ce jour, on a touché un peu moins de 10 000$ à Grande-Rivière », ajoute Nathalie Drapeau, en précisant du même souffle qu’elle opère l’un des plus petits centres de la province, ce qui explique le montant reçu.

Toutefois, loin d’adopter une attitude défaitiste devant la situation, elle voit dans la situation une opportunité. « C’est l’occasion pour nous de nous mobiliser, de trouver des solutions chez nous et de ne plus dépendre des marchés internationaux. Avec la baisse d’utilisation de papier journal, l’augmentation de la disponibilité d’autres fibres, c’est tout le milieu du recyclage qui doit revoir ses façons de faire. Cascades, Kruger, tout le monde est en train de réévaluer la situation et je crois que des initiatives porteuses émergeront bientôt. »

À la RITMG, une première transformation du verre par broyage est maintenant en branle, ce qui permet de lui donner une meilleure valeur de revente et d’élargir le marché pour ce résidu dont plus personne ne voulait. Selon la directrice générale, c’est une question de temps, mais celle-ci voit d’un œil optimiste la situation de difficulté d’écoulement des matières vécue actuellement.

Le bac bleu, pas une poubelle

Cette année, le compostage a fait son entrée sur l’ensemble du territoire de la Ville de Gaspé. Si la collecte a en général été bien assimilée et qu’une bonne majorité a embarqué dans le mouvement, il y a cependant eu un relâchement pendant la période estivale pour le bac bleu, ce qui complique la tâche des travailleurs du centre de tri et qui occasionne beaucoup de contamination.

« On va trouver des couches, de la nourriture, plein de choses qui ne vont pas là et qui vont contaminer les matières recyclables, les rendant impropres à la revente, signale Nathalie Drapeau. Il est important de ne pas oublier que ce sont des humains qui travaillent sur les lignes de tri. Parfois, ils sont obligés de sortir de la pièce parce que ça sent trop mauvais. Il est temps de porter une attention particulière à ce qu’on met dans les bacs », conclut Mme Drapeau.