Chantal Bernatchez, ou la coopération internationale au féminin

Chantal Bernatchez, ou la coopération internationale au féminin

Depuis 2001, l'engagement communautaire de Chantal Bernatchez (gauche) représente plus de 25 000 heures de bénévolat et 200 000 dollars récoltés et injectés.

Crédit photo : Photo Gracieuseté Gaëlle Vuillaume

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Chantal Bernatchez fait une différence dans les communautés chez lesquelles elle s’implique.  

Mère de quatre enfants et ingénieure à temps plein chez Hydro-Québec, cette femme énergique et passionnée originaire de Grande-Vallée ne ménage pas les efforts pour apporter tout son soutien aux populations du Burkina Faso.

Depuis 2001, son engagement représente plus de 25 000 heures de bénévolat, 200 000 dollars récoltés et injectés dans des projets de développement durable auprès des communautés vulnérables et plus de 5 000 personnes soutenues, majoritairement des femmes et des enfants.

Environnement, santé, économie

La liste de ses réalisations est tout aussi impressionnante que le temps et les heures investis. La Gaspésienne a par exemple pu obtenir la première certification de karité biologique au Burkina Faso, formant au passage environ 2 000 femmes et démarrant une unité de production de confiture donnant de l’emploi à 50 personnes. Chantal Bernatchez a également pu construire un puits et planter 600 arbres afin d’apporter eau et nourriture en zone aride, soutenant du même coup environ 300 familles. Pour renforcer l’entrepreneuriat féminin et alléger le travail des femmes, un projet comprenant 5 000 étuveuses de riz (des appareils pour traitement à la vapeur) a été appuyé. En santé, plus de 2 000 moustiquaires ont été remises aux productrices de karité pour la prévention du paludisme et de la malaria. Et la liste est encore longue avec 14 projets soutenus entre 2001 et 2013 dans les domaines de l’environnement, de la santé et de l’économie.

Quand même pas mal pour quelqu’un qui à l’âge de 22 ans n’avait pas de passeport, n’avait jamais pris l’avion et qui s’est tout bonnement dirigée vers le continent africain parce qu’il s’agissait du seul stage encore disponible. « C’est vraiment le hasard. Je voulais prendre une pause après 3 ans d’université pour faire un stage longue durée et le seul disponible pour 6 mois était en Afrique. Ç’a piqué ma curiosité et comme c’était pour des coopératives de femmes, je me suis dit pourquoi pas! »

Coup de foudre

Un choix de vie qui au final aura eu des répercussions pour des milliers de femmes africaines, mais aussi sur sa propre vie personnelle puisqu’elle a eu plus tard le coup de foudre pour un Burkinabé, à l’aube de son projet de maîtrise. Son séjour a duré deux ans au lieu de trois mois. Ceci dit, l’amour a aussi été partagé avec ce peuple aux mille qualités

« Ç’a été un coup de cœur pour le peuple aussi, avec la dynamique de ces femmes qui avec rien font des miracles et ne sont jamais découragées; qui ne baissent jamais les bras. Je me rappelle avoir amassé 1 000$ en vendant des tartes au sucre à l’église de Grande-Vallée et j’ai pu restaurer un site complet de production de beurre de karité. Je me suis alors dit que je ne pouvais pas rester assise chez moi à ne rien faire alors que je peux faire une telle différence avec seulement 1 000$. »

Plus récemment, l’OBNL Vergers d’Afrique a été créé pour appuyer les paysans du Burkina Faso dans la valorisation de vergers et de jardins communautaires et prévenir la famine et la désertification. Tous ces projets ont d’ailleurs été reconnus alors qu’au fil des ans, Chantal Bernatchez a récolté pas moins de 13 prix de reconnaissance en engagement communautaire. Le dernier en lice est le concours « Femmes de valeur » de L’Oréal Paris Canada, dont elle a été lauréate avec à la clef une bourse de 10 000$. Une cérémonie aura d’ailleurs lieu ce soir à Toronto à l’occasion de la Journée internationale des femmes, afin de souligner le travail d’une dizaine de récipiendaires. L’une d’entre elles repartira également avec un 10 000$ supplémentaire. Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est tout un parcours pour une femme impliquée, dévouée et passionnée qui fait la différence pour toute une communauté.