Le blocus se poursuit au puits Galt no. 4

Le blocus se poursuit au puits Galt no. 4

Des arbres bloquent les chemins forestiers autour du puits Galt no. 4.

Crédit photo : Photo tirée de Facebook

Le campement d’Environnement Vert Plus (EVP) prend de l’expansion à l’entrée du site de Galt, entre Gaspé et Murdochville, alors qu’une dizaine de militants écologistes sont sur place et que d’autres sont en chemin pour y installer leurs pénates.

Ces derniers ont érigé leur installation en appui à un groupe anti-pétrole anonyme qui maintient un blocus au puits no 4 de Junex depuis dimanche, un peu plus loin à l’intérieur de la forêt. Selon Pascal Bergeron, le porte-parole d’EVP, ce regroupement qui jusqu’aux dernières nouvelles voulait demeurer confidentiel pourrait compter jusqu’à une cinquantaine d’individus. Le groupe anonyme dit notamment occuper ce territoire « afin de réaffirmer la souveraineté Migmaq sur les propriétés illégitimes » de Junex. Petit hic, la Nation Micmac de Gespeg située non loin n’a pas été avisée de cette revendication en leur nom, ce qui a quelque peu surpris la cheffe Manon Jeannotte, qui s’est dissociée de cette démarche et qui a qualifié de manque de respect cette action en leur nom.

Ceci dit, les activistes environnementaux qui se refusent toujours à toute communication avec les médias empêchent le passage des employés de Junex. Via un site web destiné aux anarchistes, le groupe a indiqué que l’extraction du pétrole « dans son système de reproduction de la violence coloniale » est un pari catastrophique qui met à risque le territoire. Les militants semblent déterminés à occuper le site un bon moment puisque l’occupation « durera aussi longtemps que nécessaire ».

En appui

Réclamant davantage de support et d’appuis dans leur démarche, une invitation a été envoyée pour épauler leur blocage et leur camp. L’invitation n’est pas restée lettre morte puisque les groupes environnementaux Tache d’huile et EVP ont répondu à l’appel. Pascal Bergeron se dit lui aussi prêt à demeurer sur place aussi longtemps que nécessaire afin de se faire entendre et ultimement faire sortir les compagnies pétrolières du Québec.

« La Gaspésie, sa première richesse c’est l’eau. Le pétrole, il faut le laisser en-dessous de la terre. On a des rivières d’eaux potables, dont la York juste ici à côté de renommée mondiale pour les saumons […] Les puits abandonnés finissent tous par couler, il y en a pas un qui résiste. En Arabie Saoudite ils nous trouveraient cons de forer pour du pétrole dans un pareil contexte », image le porte-parole.

Mais simple coup d’épée dans l’eau ou manifestation qui aura réellement des impacts sur la suite des choses, à l’heure où Ressources Québec vient d’annoncer un investissement supplémentaire de 8,4 millions de dollars dans le développement de Galt? Pascal Bergeron se montre plutôt optimiste et paraphrase l’anthropologue américaine Margaret Mead. « Il ne faut jamais douter de la capacité d’un petit groupe de gens déterminés à changer le cours des choses. Parce que les choses n’ont jamais changé autrement que ça », résume le porte-parole, qui a souligné le courage de ce groupe qui s’est opposé physiquement aux plans de Junex et qui se demande si l’action directe ne serait-elle pas maintenant la seule voie restante pour empêcher la prolifération de l’industrie des hydrocarbures en Gaspésie. De leur côté, la SQ et Junex disent surveiller la situation de près. Un dossier à suivre.