Affaire Stoneypoint: l’enquête préliminaire est complétée

Affaire Stoneypoint: l’enquête préliminaire est complétée

Freddy Stoneypoint en compagnie de son avocate Arij Riahi lors de leur passage au palais de justice de Percé, mercredi.

Crédit photo : Le Pharillon - Ariane Aubert Bonn

(Un texte d’Ariane Aubert Bonn) – On saura s’il y aura procès dans le dossier de Freddy Stoneypoint le 5 juin, alors que la juge Janick Poirier rendra son verdict sur l’enquête préliminaire qui s’est déroulée mercredi.

Freddy Stoneypoint, 30 ans, d’Ottawa, a été le seul suspect arrêté sur les lieux d’occupation des sites pétroliers Galt de Junex le 14 août dernier. Il est accusé entre autres d’entrée par effraction dans le but de commettre un acte criminel, de méfaits et vols de plus de 5000$, et d’avoir installé un piège susceptible de causer des blessures corporelles ou la mort. Ce chef est mentionné à trois reprises dans la dénonciation.

Les enquêteurs, policiers, technicien en identification judiciaire et le vice-président aux opérations chez Junex, Mathieu Lavoie, ont décrit les lieux de l’occupation après qu’un présumé groupe de manifestants non identifié se soit dispersé.

Selon les témoignages, vandalisme et dommage aux installations pour plus de 100 000$, érection de trois barricades, confection de tranchées, utilisation et bris de la machinerie de Junex font partie des constats communs. Les témoins de la scène racontent que des supports de roulottes ont été accrochés dans les airs au-dessus de la première barricade, et qu’une simple coupure de la corde les maintenant dans cette position aurait suffi à les faire balancer de façon à pouvoir heurter quiconque tenterait de passer la limite. Un poste d’installation aurait été érigé à partir d’échafaudages, des feux auraient été confectionnés et des bonbonnes de gaz pour des instruments de soudure ont été calcinées, sans toutefois exploser. Des munitions diverses auraient été trouvées sur les lieux: bombes fumigènes, feux d’artifice, roches et outils appartenant à la compagnie. L’ensemble des intervenants interrogés s’entend pour dire que ces objets étaient disposés derrière les barricades pour pouvoir être éventuellement lancés.  Une cuisine aurait été aménagée sur place et aurait compris d’importantes réserves de nourriture, de façon à alimenter plusieurs personnes. Une liste de tâches à faire comprenant des noms y a été retrouvée. Un téléphone cellulaire, activé la veille du début de l’occupation, a également été trouvé sur les lieux, sans toutefois être enregistré au nom de Freddy Stoneypoint.

Le capitaine Pascal Joncas, de la Sûreté du Québec, rapporte des tentatives de négociation infructueuses avec les manifestants. Il raconte avoir lu à ces derniers un avis leur exigeant de quitter les lieux. Au moment de la lecture, il affirme qu’il ne voyait pas les gens à qui il s’adressait, dissimulés dans les bois. Mais à leurs cris, il estime que 10 à 15 personnes pouvaient se trouver sur place. Ces derniers auraient interagi avec lui sans se montrer.

Les individus venus décrire la scène s’entendent pour affirmer qu’il s’agissait d’une organisation élaborée et que plusieurs personnes ont pris part aux méfaits.

Le sergent enquêteur Michaël Lecours rapporte avoir observé le profil Facebook de l’accusé, relevant des publications prouvant, selon lui, la présence de M. Stoneypoint sur les lieux. Ce dernier aurait recruté des renforts au site de Junex et aurait affiché des données de géolocalisation confirmant sa présence à Gaspé, ainsi que des photos prises derrière les barricades.

Y aura-t-il procès?

Les procureures de la Couronne et de la Défense ont débattu devant la juge pour l’inciter à décider de la tenue ou non d’un procès dans cette affaire. L’avocate de la Couronne, Émilie Landry-Therriault, a plaidé en faveur de la tenue d’un procès, affirmant que selon elle, il était clair que Freddy Stoneypoint aurait pris part aux méfaits relatés et qu’il aurait agi comme leader dans cette affaire, notamment par ses publications sur les réseaux sociaux. L’avocate de la Défense, Arij Riahi, sans nier les observations des enquêteurs, a soulevé qu’il était impossible d’établir un lien entre les intentions criminelles soulevées dans les chefs d’accusation et les faits relatés. La juge déterminera si l’affaire fera l’objet d’un procès le 5 juin.