La filière éolienne gaspésienne s'intéresse à l'Alberta

Jean-Philippe Thibault gas.redaction@tc.tc
Publié le 2 mars 2016

La puissance installée au Québec était de 3 262 MW à la fin du mois de décembre selon le site canwea.ca.

©Photo Gracieuseté Marielle Guay

Lors du dévoilement de sa stratégie à la lutte aux changements climatiques, en novembre dernier, la première ministre de l'Alberta Rachel Notley s'est engagée à remplacer toutes les centrales au charbon de la province d'ici 2030.

Dans le même laps de temps, elle a également signifié ses intentions d'atteindre un taux de 30% en énergies renouvelables, à l'heure où l'éolien est déjà bien implanté en Alberta. Après l'Ontario (4361 MW) et le Québec (3262 MW), elle est la troisième province au chapitre de la puissance installée (1500 MW) dans tout le Canada.

L'occasion était donc toute indiquée pour plusieurs entreprises du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie de participer à une mission organisée par le gouvernement québécois à Edmonton et Calgary le mois dernier afin d'échanger et de cibler les opportunités qui pourraient s'ouvrir dans un futur pas si lointain.

« Je n’ai rencontré au cours de cette mission aucune entreprise qui pourrait nous faire concurrence dans notre champ d’expertise. Nos discussions avec les directeurs des grands propriétaires vont dans le même sens et nous laissent croire qu’il s’agit d’un marché avec de belles possibilités pour notre entreprise », explique Martin Boulay, président-directeur général du Groupe Ohméga, qui a pignon sur rue à Gaspé.

©Tableau TC Media - Jean-Philippe Thibault

Pour Dave Lavoie, le directeur du Créneau éolien Accord, le fait que 90% de l'électricité produite en Alberta provienne de sources fossiles montre qu'il y a un fort potentiel de développement de ce côté. « Avec ce nouveau gouvernement, il y a de l'intérêt à avoir plus d'énergies renouvelables dans la province. Il y a des possibilités réelles. C'est d'ailleurs beaucoup plus facile de rentrer en Alberta que chez nos voisins de l'Ontario, où c'est un marché plus fermé. »

Le lancement d’ici la fin de l’année d'un « encan » de crédits carbone pour la construction d’un minimum de 300 MW d’énergie renouvelable pourrait également constituer de belles occasions d’affaires pour les développeurs, constructeurs, manufacturiers et autres entreprises de la filière éolienne.

« Cette mission nous a permis de rencontrer plusieurs organisations qui s’occupent du développement de l’Alberta et de converser avec des responsables des provinces voisines. Nous estimons qu'il y a d’intéressantes opportunités dans le domaine de l’opération et de la maintenance à moyen et long termes. Le désir de la province d’aller de l’avant avec davantage d’énergie éolienne est très encourageant pour nous et je crois qu’il est important d’établir dès maintenant des contacts dans cette province », conclut Steven Fugère, vice-président du développement de l’entreprise Vent de l’Est de Maria.

À noter qu'Éocycle, Enercon, Invenergy, le Groupe Ohméga, Perca Environnement, le Technocentre éolien, Techéol et Vent de l'Est étaient notamment du nombre des entreprises présentes dans l'ouest canadien.