En croisade contre les frais de déplacement pour les patients de la Gaspésie


Publié le 17 mai 2017

Cyrille Gibeault explique sa croisade contre les frais de déplacement aux élus de la Haute-Gaspésie ainsi qu'à Renaud Paquet de la Fondation Santé.

©Photo TC Media - Dominique Fortier

Maintenant que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a annoncé l'implantation de fauteuils d'hémodialyse dans les hôpitaux de Maria, Sainte-Anne-des-Monts et Gaspé, Cyrille Gibeault s'attaque maintenant au remboursement des frais de déplacement pour les patients qui doivent subir des traitements à l'extérieur.

:« C'est un principe de droits et de libertés, lance l'hémodialysé qui peut maintenant recevoir ses traitements à domicile. Les patients ne devraient pas avoir à payer et parfois se ruiner pour des traitements de santé simplement parce qu'ils habitent en Gaspésie. C'est un non-sens. »

Lucie Provencher a présenté un gâteau en forme d`'appareil de dialyse pour souligner la première victoire de son copain Cyrille afin d'avoir une meilleure accessibilité pour les patients souffrant d'insuffisance rénale.
Photo TC Media - Dominique Fortier

Cyrille Gibeault prend son propre cas en exemple pour illustrer la situation. « Il y a deux programmes d'aide financière dont un qui ne s'applique pas aux Annemontois puisqu'ils sont à moins de 200 km de Rimouski. L'autre est plafonné à 650 $ par mois. Si je regarde ma situation, je suis incapable de conduire en raison de ma vision déficiente. Je dois donc me faire accompagner. Puisque je n'ai pas 65 ans ou plus, le programme d'accompagnement du Centre d'action bénévole n'est pas avantageux pour moi. Je devais donc me trouver une âme charitable qui voulait m'amener à Rimouski au moins trois fois par semaine. Elle devait donc trouver quelqu'un pour la remplacer à son commerce. Si on ajoute l'essence, les repas, l'usure de la voiture, on se retrouve avec des factures salées assez rapidement. »

Cyrille Gibeault donne aussi l'exemple des gens qui doivent subir des traitements contre le cancer. « Oui il y a l'hôtellerie à Rimouski mais ce n'est pas gratuit. Lors de mes visites là-bas, il y avait des gens atteints du cancer qui devaient loger à l'hôtellerie pendant plusieurs semaines. Ce qui est triste pour ces patients d'un certain âge, c'est qu'ils ont déjà pu recevoir leurs traitements dans leur hôpital local. »

Il ajoute également que le statut social a aussi un rôle à jouer. « Il y en a pour qui tout est gratuit. Pourtant, avoir accès à des soins de santé devrait être accessible à tous de façon équitable. »

Lueur d'espoir?

Interrogé à cet effet, le responsable du comité de révision au CISSS-Gaspésie, Jean-François Sénéchal, explique qu'une première rencontre se tiendra dans un avenir rapproché afin qu'une première ébauche soir présentée au public. « Les quatre établissements hospitaliers n'appliquent pas tous les directives ministérielles de façon uniforme. Il y a lieu de corriger cela. Nos rencontres nous permettront aussi de voir comment nous pourrions améliorer notre offre de service. Lorsque nous calculons toute l'aide financière que nous octroyons pour les déplacements, il y a peut être lieu de se questionner s'il ne serait pas plus avantageux de simplement offrir le service ici. L'hémodialyse en est un bon exemple. »

Quant à savoir si le plafond de 650 $ pourrait être augmenté, le CISSS-Gaspésie ne préfère ne pas trop s'avancer sur cette question. « Il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'un programme d'aide financière et non un remboursement intégral des frais encourus. Bien que nous soyons sensibles à la situation vécue par les patients, nos ressources financières sont limitées. Bref, il est encore tôt dans le processus pour statuer sur le fruit de nos discussions. Nous en informerons le public à l'automne. »